mercredi 15 novembre 2017

Throwback Thursday - Book Hangover

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Book Hangover

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

La vérité sur l'affaire Harry Québert
Joël Dicker
Bien évidemment et sans trop de suspense, la première idée qui m'est venue en tête est Harry Potter. Je me souviens encore d'une nuit pendant laquelle je ne pouvais pas arrêter de lire, voulant absolument terminer le tome 6 et pleurant à chaudes larmes la mort de Dumbledore. Mais j'ai résisté à la tentation et je vous propose aujourd'hui ce (gentil) thriller qui m'a tenue en haleine pendant plusieurs jours...

Résumé : Marcus Goldman, écrivain, est en panne d'inspiration pour son prochain roman. Le destin va bien faire les choses puisqu'au même moment son ancien professeur et ami Harry Québert est accusé du meurtre de Nola Kellergan, une jeune fille assassinée en 1975. Marcus décide de l'aider en enquêtant sur sa disparition, non sans déchaîner les passions, trente ans après. Son travail d'investigation est consigné dans ce livre.

Mon avis : La vérité sur l'affaire Harry Québert a tout du roman addictif (et il vaut mieux car 800 pages quand même!). On est pris dans l'enquête, on a envie de savoir qui est le meurtrier, quel type de relation Harry entretenait avec la jeune fille, qui sont les habitants qui envoient des menaces à l'écrivain lorsqu'il remue le passé. Sur le moment, j'ai été séduite et emportée par l'histoire mais une fois arrivée à la fin, j'ai trouvé que l'intrigue n'avait finalement rien d'exceptionnel, les dialogues étant particulièrement niais et le style d'écriture laissant à désirer. Quant au dénouement, il est vite plié et un peu tiré par les cheveux. Je dirais donc que pour une lecture à court terme, on y trouve son compte mais il ne faut pas en demander davantage !

samedi 11 novembre 2017

Sœurs de miséricorde - Colombe Schneck

En résumé.

Azul a grandi dans un petit village bolivien, bien avant que la mondialisation n'impacte la vie des indigènes Quechua. Elle connaît, au milieu de ses frères et sœurs, une enfance heureuse, bercée par l'odeur et les couleurs des fruits du verger de sa mère. C'est souvent qu'elle accompagne cette dernière en haut des montagnes pour échanger la récolte contre d'autres produits qui les feront vivre. Mais les années de tendre insouciance laissent bientôt la place aux responsabilités de jeune adulte. Elle doit partir en ville pour étudier, grâce au sacrifice de sa grande sœur qui travaille depuis longtemps pour subvenir aux besoins de la famille. Azul est donc chanceuse. Elle va tomber amoureuse, avoir un enfant, puis tomber amoureuse d'un autre homme criblé de dettes. Simultanément, le pays connaît une crise économique qui plonge la plupart des familles dans la précarité. Azul n'a pas le choix: il faut faire comme toutes ces autres boliviennes, partir pour l'Europe afin de gagner de l'argent que l'on enverra à la famille restée au pays. Pour elle, comme pour les autre,s ce sera cruel et douloureux de se retrouver dans un pays avec lequel on ne partage rien.

Mon avis.

J'ai découvert ce livre grâce à une amie. Le résumé m'avait semblé intéressant et j'avais très envie de partir pour la Bolivie sans dépenser un sou. Dans l'ensemble, ce fut une lecture agréable et très rapide avec ce seul regret: que l'intrigue ne soit pas davantage développée.

En effet, l'auteur consacre à la vie d'Azul, de sa naissance à sa vie d'adulte, à peine deux-cent pages. Le rythme est donc soutenu et seules les étapes les plus importantes sont mentionnées. Le manque de dialogue témoigne de cette volonté d'aller vite et de ne se concentrer que sur la narration de la vie de la jeune femme. Certes, on ne s'ennuie pas mais j'aurais préféré prendre le temps de découvrir ce beau personnage, plein de courage et j'aurais aimé en savoir plus sur la façon dont elle s'est construite. De même, certains faits auraient pu être davantage développés, comme la crise économique qui a frappé la Bolivie, la mondialisation qui a apporté la consommation de masse et détruit les échanges locaux et l'émigration d'Azul. L'éditeur, dans sa quatrième de couverture, amène le suspense avec le départ de l'héroïne vers l'Europe. Finalement, seulement quelques chapitres y sont consacrés et ce qui est annoncé ne correspond pas à la réalité du livre. Je suis restée sur ma faim, frustrée parce que j'ai apprécié ma lecture mais parce que j'aurais aussi aimé aller plus loin.

Colombe Schneck a plusieurs talents à son actif: elle est journaliste pour la radio (France Inter) mais aussi pour la télévision et a eu l'occasion de réaliser des documentaires. Elle s'épanouit également à l'écrit avec la rédaction de nombreux ouvrages. Pour celui-ci, elle s'est inspirée d'une jeune bolivienne qui est venue l'aider lorsqu'elle a eu un bébé. La jeune femme avait traversé l'Atlantique pour trouver du travail et ainsi aider sa famille avec l'argent gagné. Colombe Schneck a fini par l'accompagner jusqu'en Bolivie pour rencontrer ses proches. Ce lien spécial se ressent lors de la lecture. On voit bien que l'auteur a fouillé le sujet, essayant d'être la plus précise possible sur les faits qu'elle raconte. Il y a d'ailleurs une bibliographie à la fin du livre! Initialement, je pensais même que c'était une autobiographie. Il faut dire que les coins de Bolivie sont décrits avec soin et font appel à tous nos sens: la vue pour les couleurs des fruits et des robes locales, l'odeur et le toucher toujours pour le verger de Ximena, la mère d'Azul. On entre donc dans un paysage chatoyant où l'on se sent bien, même si le confort y est absent. Ces éléments de décor sont mis en valeur par les nombreuses énumérations qui rythment le récit, comme si la narratrice voulait rendre compte de toute la richesse de la Bolivie.

Malgré le manque de consistance de cette histoire qui ne m'a pas totalement rassasiée, je vous encourage à tourner les pages de ce livre qui vous fera entrer dans le quotidien de milliers d'émigrés, obligés de fuir leur coin de paradis pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème abordé, à savoir le vécu de femmes émigrées économiques.
+ La personnalité de la protagoniste qui fait d'elle un personnage fort et valeureux.
+ L'émotion que de tels parcours procurent.
+ Le dépaysement total: on se croirait en Bolivie!

- La rapidité du livre: j'aurais aimé que l'auteur s'attarde davantage sur le parcours d'Azul.

Dernières infos.

Sœurs de miséricorde a été publié en 2015 et compte 216 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 

samedi 4 novembre 2017

Les intéressants - Meg Wolitzer

En résumé.

Suite au décès de son père et pour se changer les idées, Julie Jacobson intègre pendant l'été 1974 le camp de vacances Sipirts-in-the-Woods, the place to be pour des jeunes artistes en devenir. Elle qui a tout de la fille quelconque est très vite fascinée par ces adolescents populaires aux talents multiples. Un soir, elle se retrouve dans le club très fermé des "Intéressants" (le surnom qu'ils se donnent): on y retrouve Ash et Goodman, des New-Yorkais branchés et aisés, Ethan, le génie des films d'animations au physique maladroit, Jonah, le fils d'une célèbre chanteuse et Cathy dont le rêve est de devenir danseuse. Leur amitié débute ce soir-là, sous un tipi, à fumer tout en faisant de glorieux projets d'avenir. Le lecteur suivra leur vie pendant une quarantaine d'années et aura l'occasion de voir que rêves et réalité ne se rejoignent pas toujours...

Mon avis.

C'est une amie qui m'a parlé de ce livre cet été. Elle venait de le commencer et avait du mal à entrer dans l'histoire, alors elle l'a très vite abandonné. Pourtant, ce qu'elle m'en a dit m'a rendue curieuse et en allant vérifier sur Livraddict, j'ai trouvé plusieurs commentaires positifs. Alors il ne me restait plus qu'à le tester à mon tour...

Ce fut malheureusement loin d'être un coup de cœur. J'ai éprouvé moi aussi des difficultés dans le tout début pour me laisser convaincre par l'intrigue. L'action - si on peut parler d'action - s'installe très lentement et on est vite confronté à un des défauts de ce livre: les digressions. L'auteur commence à aborder un thème pour très vite partir sur autre chose, parfois c'est lié, parfois c'est un saut dans le temps. Alors après une centaine de pages, on s'y habitue et on parvient à raccrocher les wagons. En tout début, c'est déjà plus problématique... Par ailleurs, les thèmes abordés dans les premiers chapitres m'ont paru superflus et c'est très souvent que je perdais le fil et étais obligée de relire certains passages.

J'ai fini par me sentir mieux dans ma lecture lorsque l'auteur a fait un bond dans le temps pour nous projeter dans la vie adulte de nos personnages. C'est intéressant de voir ce qu'ils deviennent et de faire des aller-retours entre leur jeunesse et leur présent. C'est aussi l'occasion d'avoir quelques surprises sur les relations qu'ils ont nouées au fil des années - ce sont là les seuls points d'accroche et de suspense. Les Intéressants est avant tout un roman sur l'évolution des sentiments au fil du temps, qu'ils soient amicaux ou amoureux. J'ai pu me projeter facilement car je suis aussi dans cette période où les amis vont habiter à droite à gauche et commencent à bâtir leur vie avec leurs conjoints. Alors je me pose des questions sur la façon dont je peux faire perdurer les liens qui m'unissent à eux et j'aimerais savoir comment nos relations vont évoluer. J'ai donc aimé la proposition de l'auteur sur ces thèmes-là, en prenant en compte l'arrivée des enfants et les secrets familiaux qui jalonnent nos quotidiens. En revanche, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, alors qu'ils sont décrits en long, en large et en travers. Je les ai quand même trouvés superficiels, sauf peut-être Julie qui m'a semblé un peu plus intéressante, notamment dans ses choix de vie. Elle qui jalouse ses camarades et veut à tout prix s'offrir une vie digne de ce nom finit par entrer dans une routine qui ressemble beaucoup à celle de sa mère, qu'elle critiqua vivement quelques années auparavant. Finalement, parmi tous les Intéressants, c'est très probablement elle qui s'en sort le mieux. Le choix de l'auteur de prendre des personnages très simples, à certains moments touchés par la grâce, à d'autres empêtrés sous des couches de problème est pertinent. L'intrigue reste réaliste et même si ce ne fut pas mon cas, je suis sûre que certains lecteurs pourraient s'identifier aux protagonistes.

Le dernier bémol reste la longueur. Près de 800 pages (version poche) pour raconter le quotidien de quelques personnes, ça fait beaucoup, surtout lorsque il y a très peu de rebondissements. Je pense qu'il aurait pu être raccourci en enlevant certains passages et en rendant d'autres plus intenses. J'ai mis deux semaines et demie à le lire et je dois vous avouer que j'étais contente de voir arriver à la fin! Tout de même, l'écriture reste agréable et très accessible. Si vous décrochez, ce ne sera pas la faute du style de l'auteur mais bien de la teneur de ce pavé.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème abordé, à savoir l'évolution des liens amicaux et amoureux au fil des années.
+ La simplicité des personnages qui rend l'histoire réaliste, même si certains faits restent éloignés de nos quotidiens (sauf si vous êtes l'enfant de Céline Dion)

- Quelques longueurs/digressions qui peuvent faire perdre le fil de l'histoire.
- Le peu de rebondissements étire ce récit déjà long.
- Le manque d'attachement aux personnages.

Dernières infos.

Les Intéressants a été publié en 2013 pour la version originale et compte 564 pages pour le grand format.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 51: un livre qui se déroule dans le milieu artistique. (35/80)
ABC 2017 - Lettre W (18/26)

jeudi 2 novembre 2017

Throwback Thursday - Je n'aimais pas la couverture et pourtant...

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Je n'aimais pas la couverture et pourtant...

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

Dans la peau d'un chef de gang
Sudhir Venkatesh
Me voilà enfin de retour après plusieurs semaines d'absence ! Je ne sais pas si ça va durer, les vacances ne s'étalant que sur une semaine. Pour le thème de ce Jeudi, je n'avais que l'embarras du choix ! Je ne suis en général pas très fan des couvertures des éditions françaises, contrairement aux anglaises qui sont en général pleines de couleurs et qui donnent envie de se jeter dans le livre. Finalement, mon choix s'est porté sur Dans la peau d'un chef de gang que je viens tout juste d'achever et qui a fait l'objet d'une relecture. Alors que le sujet est intéressant et servi avec humilité, je trouve que la couverture est tout son contraire et en fait beaucoup trop. La phrase d'accroche me fait penser à ces mauvaises émissions de télé-achats qui ne savent plus quoi dire et faire pour appâter le client. Je trouve que la couverture de la version poche est plus fidèle au contenu:
Résumé: Lorsque Sudhir Venkatesh entre à la faculté de sociologie de Chicago en 1989, il est particulièrement intéressé par la pauvreté qui sévit dans les grands ensembles urbains qui ceinturent la ville. D'abord muni d'un questionnaire, il part à la rencontre des habitants de ces quartiers afin de construire une base de données sur leur mode de vie. De fil en aiguille, J.T, un des chefs du gang qui règne sur les alentours le prend sous son aile afin de lui montrer comment ils vivent au quotidien. Il restera à ses côtés près d'une dizaine d'années.

Mon avis: Les thèmes abordés sont extrêmement intéressants et le tout se lit comme un roman. Pas besoin d'avoir une licence en sociologie pour comprendre ! Je suis une adepte de ces témoignages qui partent du vécu d'une personne et qui ont une dimension documentaire. Ici, on côtoie de près le métier de chercheur mais on entre aussi dans ces micro-sociétés qui se mettent en place dans ces quartiers où la drogue, la corruption et la prostitution sont monnaie courante. On comprend alors l'importance du gang et des liens particuliers qui se nouent entre les divers acteurs, qui échappent complètement aux mains de l'Etat. 

dimanche 29 octobre 2017

Stupeur et tremblements - Amélie Nothomb

En résumé.

Amoureuse de la culture nippone, Amélie a décidé de débuter sa carrière d'interprète au sein d'une firme japonaise immense et puissante, Yumimoto. Le léger souci est que la jeune occidentale ne fera jamais de l'interprétariat. Elle subira plutôt sans relâche le courroux de ses supérieurs qui ne sont jamais satisfaits ni de son travail ni de ses initiatives. Elle se sent inadaptée dans ce milieu où la hiérarchie ne peut pas être remise en cause, même si elle est défaillante, et où les codes sociaux nous semblent absurdes. Sa descente aux enfers se termine aux toilettes. En effet, elle descend progressivement les échelons, au rythme de ses gaffes et finit par occuper le poste de dame-pipi - rôle qu'elle prendra très à cœur.

Mon avis.

Je n'avais jusqu'à ce jour jamais lu d'Amélie Nothomb. J'en ai toujours entendu beaucoup parler, avec ce sentiment qu'on adorait ou qu'on détestait. Alors qu'il me manquait la lettre N pour le Challenge ABC entamé en début d'année, je me suis dit que ce serait l'occasion de me plonger dans l'univers de cet auteur, souvent décrit comme fantasque. Finalement, je ressors contente de ma lecture, sans être ni émerveillée, ni déçue.

On pourrait qualifier ce petit livre d'autobiographique puisque Amélie Nothomb, fille d'un diplomate belge a vécu lorsqu'elle était petite au pays du Soleil Levant. Elle y est revenue plus tard pour effectuer un stage d'interprète. Pour autant, elle a choisi de nous faire partager ici seulement un pan de sa vie, cette expérience au sein du monde du travail japonais. Le lecteur n'a accès à aucune autre information: ni son âge, ni sa vie privée, ni d'où elle vient, ni ce qu'elle fait en dehors de l'entreprise. Seules les journées de labeur, ennuyantes car aucune mission ne lui est confiée, sont analysées à la loupe. C'est d'ailleurs ce qui fait la force de roman: l'entrée dans une société extrêmement hiérarchisée et rigide, réputée pour l'importance de ces codes. La machine l'a broyée comme elle broie les autres salariés qui ne se rebellent pas, et qui n'ont même pas l'idée de se plaindre entre eux. C'est un royaume du chacun pour soi, où même la solidarité féminine n'existe pas. D'ailleurs, la narratrice témoigne de la difficulté d'être une femme au Japon, que se soit dans l'univers professionnel (gravir les échelons prend des années) ou dans l'univers privée (la femme doit être toute dévouée à son conjoint et à sa famille).

Je suis très loin d'être une experte de cette partie du monde. Même si je trouve que la culture nippone est intéressante à bien des égards, je ne me suis jamais sentie attirée par tout ce qui la compose (les mangas, sa nourriture, l'histoire du pays, ...). Il m'est seulement arrivée de lire quelques bouquins sur les comportements de déviance (notamment sexuelle) notés dans cette société. Cependant, j'ai pris plaisir à suivre les frasques d'Amélie. L'absurdité du fonctionnement de cette entreprise n'a même pas besoin d'être pointé du doigt, il va de soi, rien qu'en suivant les péripéties de l'héroïne. C'est un livre qui se lit extrêmement vite. Certains lecteurs ont apprécié l'humour distillé au fil des pages. Moi, je n'ai pas su le voir ou je l'aurais plutôt qualifié de ton léger, malgré la cruauté psychologique dénoncée par l'auteur. Faire glisser une critique implacable du système, l'air de rien, en sifflotant, voilà un autre point fort de ce livre. L'écriture est tout à fait accessible. Je m'attendais à une intrigue un peu perchée et pas toujours compréhensible. Il n'en est rien pour cet opus, peut-être est-ce vrai pour les autres. Je vais vérifier assez vite car celui-ci m'a donné envie de me replonger dans l'univers d'Amélie Nothomb. Et je ne vais avoir que l'embarras du choix! Elle a publié, depuis son tout premier roman, L'Hygiène de l'Assassin, un roman par an. On en est donc à 25 livres!

Je ne peux que vous conseiller ce livre qui ne vous prendra pas plus d'un jour et qui vous emmènera à l'autre bout du monde, à la découverte des méthodes de travail forcenées employées par les entreprises japonaises.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La rapidité de l'intrigue.
+ Le style narratif qui va droit au but et qui ne s'encombre pas de détails superflus.
+ La légèreté du ton qui rend le message encore plus absurde et fort.
+ L'aspect documentaire sur les méthodes de travail au Japon.

- L'inconvénient d'une histoire rapide est que très souvent, on l'oublie aussi rapidement.

Dernières infos.

Ce livre date de 1999 et compte 186 pages. La même année, il a fait l'objet du Grand Prix du Roman de l'Académie Française. Il a été aussi adapté à l'écran avec dans le rôle d'Amélie, Sylvie Testud.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 27: un livre dont l'histoire se passe en Asie. (34/80)
ABC 2017 - Lettre N (17/26)

samedi 21 octobre 2017

Le jour où Anita envoya tout balader - Katarina Bivald

En résumé.

Anita approche la quarantaine. Sa fille, désormais en âge de faire des études, est contrainte de quitter le petit village suédois dans lequel elles ont toutes les deux toujours vécu, sans présence masculine à leur côté. Anita s'était jusqu'alors construit un nid douillet: un travail dans un supermarché en tant que caissière peu épanouissant mais rassurant, des collègues devenues amies toujours là pour lui remonter le moral et surtout la présence de sa fille, son principal point de repère. Maintenant, son quotidien est complètement bouleversé, les soirées et les week-end lui paraissent durer une éternité. Alors elle décide de mettre un peu de piment dans sa vie et de réaliser un vieux rêve de jeunesse, faire de la moto. Mais ce n'est pas tout! Elle s'inscrit aussi dans le comité d'organisation de la Journée de la Ville, manifestation qui tombe un peu en désuétude mais qu'elle va petit à petit redynamiser. Ces différentes activités vont lui redonner le sourire et vont être l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes. Qui sait, parmi elles, se cache peut-être l'homme de sa vie?

Mon avis.

J'avais lu il y a deux ans La bibliothèque des cœurs cabossés - une sorte de roman doudou que j'avais bien apprécié. Il était donc temps de réitérer l'expérience Bivald avec ce roman, qui, vous l'aurez compris à la lecture de ce résumé, est dans la même veine que le premier. 

Que ça fait du bien de lire des romans feel-good de temps en temps! Cela faisait un petit moment que je m'étais enfermée dans des lectures haletantes ou qui sollicitaient mon intellect, j'étais donc ravie de retrouver quelque chose de plus terre à terre où il n'y a pas besoin de réfléchir beaucoup et où l'on se se sent entraînée dans la vie de l'héroïne. Car c'est véritablement ce que j'ai ressenti, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'ai pris du plaisir à cheminer aux côtés de ce personnage qui ne se laisse pas abattre par les petits bobos de la vie. C'est une histoire en toute simplicité que nous sert ici Katarina Bivald, pleine de tendresse et de bienveillance. Les doutes que rencontre la protagoniste rejoignent ceux de n'importe quelle femme qui a élevé seule son enfant. Ainsi, il n'est pas difficile de s'identifier et de s'attacher aux personnages, on a même envie d'être une de ses amies, de la prendre par le bras et de lui souffler que tout va bien se passer.

Alors bien sûr, je ne vous cache pas que la fin se laisse deviner depuis le début et qu'on vit dans un monde rempli d'écureuils en tutu rose et de lapins avec des cœurs à la place des yeux. D'habitude, cela me gêne, en général à la moitié du livre, quand ça dégouline vraiment de miel. Ici, bizarrement, ça ne m'a pas fait cet effet, peut-être parce que l'histoire est réaliste. Après tout, les dénouements positifs existent aussi dans la vraie vie, non?! L'écriture est à l'image de l'intrigue, toute en simplicité, sans en faire trop ni pas assez. Le récit est rédigé à la première personne, comme si on avait affaire au journal intime du personnage principal, c'est aussi peut-être pour cette raison qu'on s'attache si vite à elle. On reçoit en direct ses peurs et sa tristesse mais aussi ses petites victoires. 

Il me semble l'avoir préféré au premier tome que j'avais trouvé longuet à certains moments. Celui-ci a un rythme convenable et fait autant de bien qu'une boîte de macarons des meilleurs pâtisseries françaises (et en plus c'est moins cher!)! Si vous êtes à la recherche d'un roman feel-good de bonne qualité, je ne peux que vous le recommandez!

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La modestie des personnages, de l'intrigue et des sentiments développés qui rendent les personnages attachants.
+ Le genre feel-good qui nous fait beaucoup de bien de temps en temps!
+ Un bon rythme qui permet de ne pas s'ennuyer.

- Pas de grande surprise pour le dénouement.

Dernières infos.

Le jour où Anita envoya tout balader a été publié en 2016 et compte 459 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 26: un feel good book. (33/80)

samedi 14 octobre 2017

La lucidité - José Saramago

En résumé.

Nous nous situons dans un pays sans nom, qui a choisi pour régime politique la démocratie. Le jour des élections municipales est arrivé. Dans la capitale, les hommes politiques des trois partis principaux sont en effervescence, le parti de droite va-t-il de nouveau remporter la mise? Au moment des résultats, il y a comme un hic: les votes blancs sont majoritaires. Alors on décide de refaire les élections. Mais le verdict est le même: la participation est totale et le vote blanc arrive en tête avec 83%. La classe politique n'y croit pas, un tel résultat qui selon eux met en péril le principe même de la démocratie n'a pu être organisé que par un groupe subversif, c'est un complot, venant même de l'international, peut-être. Par peur que le phénomène ne s'étende au reste du pays, le gouvernement se retire de la capitale et proclame l'état de siège: les frontières de la ville sont bouclées, jusqu'à ce qu'on trouve les coupables. Enfin, une lettre va leur parvenir, écrite par un habitant de la capitale qui dénonce une jeune femme qui est la seule à ne pas être devenue aveugle lors de la grande épidémie de cécité survenue quatre plus tôt. Le gouvernement a enfin un coupable sous la main, c'est elle qui sera responsable de ce raz-de-marée de votes blancs. Un commissaire est nommé pour l'arrêter mais ce dernier risque de ne pas tout à fait obéir aux ordres de son supérieur, le ministre de l'Intérieur...

Mon avis.

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard, en écoutant une émission sur France Inter sur le vote blanc. Le sujet m'intéressant, je suis vite allée emprunter cet essai aux allures de roman à la bibliothèque. J'ai ainsi pu découvrir la plume de José Saramago, écrivain et journaliste, prix Nobel de Littérature.

Le résumé est un peu long, je m'en excuse. A vrai dire, on ne lit pas vraiment La lucidité pour son intrigue mais plutôt pour les réflexions politiques qui structurent le texte. D'ailleurs, on peut être très surpris dans les premières lignes par l'architecture du livre. Celui-ci est divisé en quelques chapitres qui sont en fait des blocs de texte sans autre ponctuation que le point et la virgule; il n'y a donc pas de guillemets, pas de tirets pour les dialogues, pas de points d'exclamation ni d'interrogation. A cela s'ajoute la longueur interminable des phrases. Rien que cela suffit à installer l'atmosphère oppressante très présente dans le livre. Je ne me suis pas sentie gênée par ce style d'écriture. J'ai trouvé le tout compréhensible, même si certaines réflexions peuvent parfois paraître compliquées.

Pour tout vous dire, je trouve l'idée générale du bouquin brillante et savamment exposée. Le fait que ni le pays ni les personnages n'aient pas de nom nous permet d'appliquer l'expérience à notre propre vécu. Toutefois, il n'y a pas trop de doute sur le fait que José Saramago fait référence à nos démocraties occidentales malades, reposant plutôt sur des illusions démocratiques entretenues par le pouvoir en place. De plus en plus, l'abstention et les votes nuls/blancs ne cessent de croître sans qu'on n'y accorde l'importance que ce phénomène mériterait, comme si on refusait d'être lucide sur l'état de défiance des électeurs. Ce déni est ici poussé à l'extrême puisque les hommes politiques au pouvoir ne voient dans le vote blanc qu'une conspiration de la minorité pour mettre à sac la majorité. Jamais, ils n'ont évoqué l'idée que les électeurs n'ont plus foi dans leurs représentants. Ils sont même prêts à user de la force pour trouver des coupables qui n'en sont pas et pour dresser les habitants les uns contre les autres afin de retourner au pouvoir et faire comme si rien ne s'était passé. C'est un sujet de réflexion intéressant, surtout quand on sait que cette situation pourrait se produire dans pas si longtemps en France ou dans d'autres pays européens. Que ferait-on si le vote blanc ou même l'abstention était majoritaire?

Même si je pense avoir bien compris la thèse principale de l'auteur, j'ai eu plus de difficulté à voir où il voulait en venir dans la deuxième partie du livre, lorsque la dame qui n'est pas devenue aveugle quatre ans plus tôt est accusée comme étant la cause du tourment. Certes, elle est victime du refus des dirigeants à voir la vérité en face et incarne le paroxysme de l'injustice dont ils font preuve. Elle est aussi l'exemple de ce que des politiciens se réclamant défenseurs de la démocratie seraient prêts à faire pour se maintenir au pouvoir. Je pense que José Saramago aurait aussi pu faire d'elle l'emblème de la conscience citoyenne éclairée. La cécité aurait été une métaphore de l'aveuglement des citoyens quant aux procédés utilisés par les hommes politiques pour les endormir. Elle, la seule qui a vu clair dans leur jeu a alerté les autres et les a enjoints à voter blanc, elle les a rendus lucides. Est-ce ma propre interprétation ou est-ce que c'est aussi l'interprétation de l'auteur, je ne sais pas trancher...

Pendant la majeur partie de ma lecture, je me suis dit que ce livre était en train de devenir un coup de cœur. Cependant, ne pas comprendre véritablement la place de la bonne femme en fin d'histoire (je déteste ne pas comprendre!) allié à quelques longueurs et digressions inutiles même si les mots choisis sont très justes font je ne vais lui octroyer que 4 fleurs. Même si je pense que ce roman est un chef d'oeuvre, je trouve que sa densité gâche un peu la pureté du message. 

Si vous n'avez pas peur de pour lancer dans un pavé sans respiration et si vous êtes sensible à ce genre de sujets, je ne ne peux que vous le conseiller! Prévoyez tout de même d'y penser du temps!

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ L'intelligence du message et de l'intrigue qui le met en lumière.
+ L'originalité du style narratif.
+ Le sujet traité, à savoir le vote blanc.
+ La justesse de l'écriture.

- La densité du texte.
- Certains points un peu obscurs qui laissent trop de place à l'interprétation.

Dernières infos.

La lucidité a été publié en 2006 pour la version française et compte 355 pages. Voici le lien vers l'émission de France Inter sur le vote blanc dont je vous parle un peu plus haut.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 73: un prix Nobel de littérature. (32/80)