mercredi 15 novembre 2017

Throwback Thursday - Book Hangover

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Book Hangover

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

La vérité sur l'affaire Harry Québert
Joël Dicker
Bien évidemment et sans trop de suspense, la première idée qui m'est venue en tête est Harry Potter. Je me souviens encore d'une nuit pendant laquelle je ne pouvais pas arrêter de lire, voulant absolument terminer le tome 6 et pleurant à chaudes larmes la mort de Dumbledore. Mais j'ai résisté à la tentation et je vous propose aujourd'hui ce (gentil) thriller qui m'a tenue en haleine pendant plusieurs jours...

Résumé : Marcus Goldman, écrivain, est en panne d'inspiration pour son prochain roman. Le destin va bien faire les choses puisqu'au même moment son ancien professeur et ami Harry Québert est accusé du meurtre de Nola Kellergan, une jeune fille assassinée en 1975. Marcus décide de l'aider en enquêtant sur sa disparition, non sans déchaîner les passions, trente ans après. Son travail d'investigation est consigné dans ce livre.

Mon avis : La vérité sur l'affaire Harry Québert a tout du roman addictif (et il vaut mieux car 800 pages quand même!). On est pris dans l'enquête, on a envie de savoir qui est le meurtrier, quel type de relation Harry entretenait avec la jeune fille, qui sont les habitants qui envoient des menaces à l'écrivain lorsqu'il remue le passé. Sur le moment, j'ai été séduite et emportée par l'histoire mais une fois arrivée à la fin, j'ai trouvé que l'intrigue n'avait finalement rien d'exceptionnel, les dialogues étant particulièrement niais et le style d'écriture laissant à désirer. Quant au dénouement, il est vite plié et un peu tiré par les cheveux. Je dirais donc que pour une lecture à court terme, on y trouve son compte mais il ne faut pas en demander davantage !

samedi 11 novembre 2017

Sœurs de miséricorde - Colombe Schneck

En résumé.

Azul a grandi dans un petit village bolivien, bien avant que la mondialisation n'impacte la vie des indigènes Quechua. Elle connaît, au milieu de ses frères et sœurs, une enfance heureuse, bercée par l'odeur et les couleurs des fruits du verger de sa mère. C'est souvent qu'elle accompagne cette dernière en haut des montagnes pour échanger la récolte contre d'autres produits qui les feront vivre. Mais les années de tendre insouciance laissent bientôt la place aux responsabilités de jeune adulte. Elle doit partir en ville pour étudier, grâce au sacrifice de sa grande sœur qui travaille depuis longtemps pour subvenir aux besoins de la famille. Azul est donc chanceuse. Elle va tomber amoureuse, avoir un enfant, puis tomber amoureuse d'un autre homme criblé de dettes. Simultanément, le pays connaît une crise économique qui plonge la plupart des familles dans la précarité. Azul n'a pas le choix: il faut faire comme toutes ces autres boliviennes, partir pour l'Europe afin de gagner de l'argent que l'on enverra à la famille restée au pays. Pour elle, comme pour les autre,s ce sera cruel et douloureux de se retrouver dans un pays avec lequel on ne partage rien.

Mon avis.

J'ai découvert ce livre grâce à une amie. Le résumé m'avait semblé intéressant et j'avais très envie de partir pour la Bolivie sans dépenser un sou. Dans l'ensemble, ce fut une lecture agréable et très rapide avec ce seul regret: que l'intrigue ne soit pas davantage développée.

En effet, l'auteur consacre à la vie d'Azul, de sa naissance à sa vie d'adulte, à peine deux-cent pages. Le rythme est donc soutenu et seules les étapes les plus importantes sont mentionnées. Le manque de dialogue témoigne de cette volonté d'aller vite et de ne se concentrer que sur la narration de la vie de la jeune femme. Certes, on ne s'ennuie pas mais j'aurais préféré prendre le temps de découvrir ce beau personnage, plein de courage et j'aurais aimé en savoir plus sur la façon dont elle s'est construite. De même, certains faits auraient pu être davantage développés, comme la crise économique qui a frappé la Bolivie, la mondialisation qui a apporté la consommation de masse et détruit les échanges locaux et l'émigration d'Azul. L'éditeur, dans sa quatrième de couverture, amène le suspense avec le départ de l'héroïne vers l'Europe. Finalement, seulement quelques chapitres y sont consacrés et ce qui est annoncé ne correspond pas à la réalité du livre. Je suis restée sur ma faim, frustrée parce que j'ai apprécié ma lecture mais parce que j'aurais aussi aimé aller plus loin.

Colombe Schneck a plusieurs talents à son actif: elle est journaliste pour la radio (France Inter) mais aussi pour la télévision et a eu l'occasion de réaliser des documentaires. Elle s'épanouit également à l'écrit avec la rédaction de nombreux ouvrages. Pour celui-ci, elle s'est inspirée d'une jeune bolivienne qui est venue l'aider lorsqu'elle a eu un bébé. La jeune femme avait traversé l'Atlantique pour trouver du travail et ainsi aider sa famille avec l'argent gagné. Colombe Schneck a fini par l'accompagner jusqu'en Bolivie pour rencontrer ses proches. Ce lien spécial se ressent lors de la lecture. On voit bien que l'auteur a fouillé le sujet, essayant d'être la plus précise possible sur les faits qu'elle raconte. Il y a d'ailleurs une bibliographie à la fin du livre! Initialement, je pensais même que c'était une autobiographie. Il faut dire que les coins de Bolivie sont décrits avec soin et font appel à tous nos sens: la vue pour les couleurs des fruits et des robes locales, l'odeur et le toucher toujours pour le verger de Ximena, la mère d'Azul. On entre donc dans un paysage chatoyant où l'on se sent bien, même si le confort y est absent. Ces éléments de décor sont mis en valeur par les nombreuses énumérations qui rythment le récit, comme si la narratrice voulait rendre compte de toute la richesse de la Bolivie.

Malgré le manque de consistance de cette histoire qui ne m'a pas totalement rassasiée, je vous encourage à tourner les pages de ce livre qui vous fera entrer dans le quotidien de milliers d'émigrés, obligés de fuir leur coin de paradis pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème abordé, à savoir le vécu de femmes émigrées économiques.
+ La personnalité de la protagoniste qui fait d'elle un personnage fort et valeureux.
+ L'émotion que de tels parcours procurent.
+ Le dépaysement total: on se croirait en Bolivie!

- La rapidité du livre: j'aurais aimé que l'auteur s'attarde davantage sur le parcours d'Azul.

Dernières infos.

Sœurs de miséricorde a été publié en 2015 et compte 216 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 

samedi 4 novembre 2017

Les intéressants - Meg Wolitzer

En résumé.

Suite au décès de son père et pour se changer les idées, Julie Jacobson intègre pendant l'été 1974 le camp de vacances Sipirts-in-the-Woods, the place to be pour des jeunes artistes en devenir. Elle qui a tout de la fille quelconque est très vite fascinée par ces adolescents populaires aux talents multiples. Un soir, elle se retrouve dans le club très fermé des "Intéressants" (le surnom qu'ils se donnent): on y retrouve Ash et Goodman, des New-Yorkais branchés et aisés, Ethan, le génie des films d'animations au physique maladroit, Jonah, le fils d'une célèbre chanteuse et Cathy dont le rêve est de devenir danseuse. Leur amitié débute ce soir-là, sous un tipi, à fumer tout en faisant de glorieux projets d'avenir. Le lecteur suivra leur vie pendant une quarantaine d'années et aura l'occasion de voir que rêves et réalité ne se rejoignent pas toujours...

Mon avis.

C'est une amie qui m'a parlé de ce livre cet été. Elle venait de le commencer et avait du mal à entrer dans l'histoire, alors elle l'a très vite abandonné. Pourtant, ce qu'elle m'en a dit m'a rendue curieuse et en allant vérifier sur Livraddict, j'ai trouvé plusieurs commentaires positifs. Alors il ne me restait plus qu'à le tester à mon tour...

Ce fut malheureusement loin d'être un coup de cœur. J'ai éprouvé moi aussi des difficultés dans le tout début pour me laisser convaincre par l'intrigue. L'action - si on peut parler d'action - s'installe très lentement et on est vite confronté à un des défauts de ce livre: les digressions. L'auteur commence à aborder un thème pour très vite partir sur autre chose, parfois c'est lié, parfois c'est un saut dans le temps. Alors après une centaine de pages, on s'y habitue et on parvient à raccrocher les wagons. En tout début, c'est déjà plus problématique... Par ailleurs, les thèmes abordés dans les premiers chapitres m'ont paru superflus et c'est très souvent que je perdais le fil et étais obligée de relire certains passages.

J'ai fini par me sentir mieux dans ma lecture lorsque l'auteur a fait un bond dans le temps pour nous projeter dans la vie adulte de nos personnages. C'est intéressant de voir ce qu'ils deviennent et de faire des aller-retours entre leur jeunesse et leur présent. C'est aussi l'occasion d'avoir quelques surprises sur les relations qu'ils ont nouées au fil des années - ce sont là les seuls points d'accroche et de suspense. Les Intéressants est avant tout un roman sur l'évolution des sentiments au fil du temps, qu'ils soient amicaux ou amoureux. J'ai pu me projeter facilement car je suis aussi dans cette période où les amis vont habiter à droite à gauche et commencent à bâtir leur vie avec leurs conjoints. Alors je me pose des questions sur la façon dont je peux faire perdurer les liens qui m'unissent à eux et j'aimerais savoir comment nos relations vont évoluer. J'ai donc aimé la proposition de l'auteur sur ces thèmes-là, en prenant en compte l'arrivée des enfants et les secrets familiaux qui jalonnent nos quotidiens. En revanche, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, alors qu'ils sont décrits en long, en large et en travers. Je les ai quand même trouvés superficiels, sauf peut-être Julie qui m'a semblé un peu plus intéressante, notamment dans ses choix de vie. Elle qui jalouse ses camarades et veut à tout prix s'offrir une vie digne de ce nom finit par entrer dans une routine qui ressemble beaucoup à celle de sa mère, qu'elle critiqua vivement quelques années auparavant. Finalement, parmi tous les Intéressants, c'est très probablement elle qui s'en sort le mieux. Le choix de l'auteur de prendre des personnages très simples, à certains moments touchés par la grâce, à d'autres empêtrés sous des couches de problème est pertinent. L'intrigue reste réaliste et même si ce ne fut pas mon cas, je suis sûre que certains lecteurs pourraient s'identifier aux protagonistes.

Le dernier bémol reste la longueur. Près de 800 pages (version poche) pour raconter le quotidien de quelques personnes, ça fait beaucoup, surtout lorsque il y a très peu de rebondissements. Je pense qu'il aurait pu être raccourci en enlevant certains passages et en rendant d'autres plus intenses. J'ai mis deux semaines et demie à le lire et je dois vous avouer que j'étais contente de voir arriver à la fin! Tout de même, l'écriture reste agréable et très accessible. Si vous décrochez, ce ne sera pas la faute du style de l'auteur mais bien de la teneur de ce pavé.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème abordé, à savoir l'évolution des liens amicaux et amoureux au fil des années.
+ La simplicité des personnages qui rend l'histoire réaliste, même si certains faits restent éloignés de nos quotidiens (sauf si vous êtes l'enfant de Céline Dion)

- Quelques longueurs/digressions qui peuvent faire perdre le fil de l'histoire.
- Le peu de rebondissements étire ce récit déjà long.
- Le manque d'attachement aux personnages.

Dernières infos.

Les Intéressants a été publié en 2013 pour la version originale et compte 564 pages pour le grand format.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 51: un livre qui se déroule dans le milieu artistique. (35/80)
ABC 2017 - Lettre W (18/26)

jeudi 2 novembre 2017

Throwback Thursday - Je n'aimais pas la couverture et pourtant...

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Je n'aimais pas la couverture et pourtant...

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

Dans la peau d'un chef de gang
Sudhir Venkatesh
Me voilà enfin de retour après plusieurs semaines d'absence ! Je ne sais pas si ça va durer, les vacances ne s'étalant que sur une semaine. Pour le thème de ce Jeudi, je n'avais que l'embarras du choix ! Je ne suis en général pas très fan des couvertures des éditions françaises, contrairement aux anglaises qui sont en général pleines de couleurs et qui donnent envie de se jeter dans le livre. Finalement, mon choix s'est porté sur Dans la peau d'un chef de gang que je viens tout juste d'achever et qui a fait l'objet d'une relecture. Alors que le sujet est intéressant et servi avec humilité, je trouve que la couverture est tout son contraire et en fait beaucoup trop. La phrase d'accroche me fait penser à ces mauvaises émissions de télé-achats qui ne savent plus quoi dire et faire pour appâter le client. Je trouve que la couverture de la version poche est plus fidèle au contenu:
Résumé: Lorsque Sudhir Venkatesh entre à la faculté de sociologie de Chicago en 1989, il est particulièrement intéressé par la pauvreté qui sévit dans les grands ensembles urbains qui ceinturent la ville. D'abord muni d'un questionnaire, il part à la rencontre des habitants de ces quartiers afin de construire une base de données sur leur mode de vie. De fil en aiguille, J.T, un des chefs du gang qui règne sur les alentours le prend sous son aile afin de lui montrer comment ils vivent au quotidien. Il restera à ses côtés près d'une dizaine d'années.

Mon avis: Les thèmes abordés sont extrêmement intéressants et le tout se lit comme un roman. Pas besoin d'avoir une licence en sociologie pour comprendre ! Je suis une adepte de ces témoignages qui partent du vécu d'une personne et qui ont une dimension documentaire. Ici, on côtoie de près le métier de chercheur mais on entre aussi dans ces micro-sociétés qui se mettent en place dans ces quartiers où la drogue, la corruption et la prostitution sont monnaie courante. On comprend alors l'importance du gang et des liens particuliers qui se nouent entre les divers acteurs, qui échappent complètement aux mains de l'Etat. 

dimanche 29 octobre 2017

Stupeur et tremblements - Amélie Nothomb

En résumé.

Amoureuse de la culture nippone, Amélie a décidé de débuter sa carrière d'interprète au sein d'une firme japonaise immense et puissante, Yumimoto. Le léger souci est que la jeune occidentale ne fera jamais de l'interprétariat. Elle subira plutôt sans relâche le courroux de ses supérieurs qui ne sont jamais satisfaits ni de son travail ni de ses initiatives. Elle se sent inadaptée dans ce milieu où la hiérarchie ne peut pas être remise en cause, même si elle est défaillante, et où les codes sociaux nous semblent absurdes. Sa descente aux enfers se termine aux toilettes. En effet, elle descend progressivement les échelons, au rythme de ses gaffes et finit par occuper le poste de dame-pipi - rôle qu'elle prendra très à cœur.

Mon avis.

Je n'avais jusqu'à ce jour jamais lu d'Amélie Nothomb. J'en ai toujours entendu beaucoup parler, avec ce sentiment qu'on adorait ou qu'on détestait. Alors qu'il me manquait la lettre N pour le Challenge ABC entamé en début d'année, je me suis dit que ce serait l'occasion de me plonger dans l'univers de cet auteur, souvent décrit comme fantasque. Finalement, je ressors contente de ma lecture, sans être ni émerveillée, ni déçue.

On pourrait qualifier ce petit livre d'autobiographique puisque Amélie Nothomb, fille d'un diplomate belge a vécu lorsqu'elle était petite au pays du Soleil Levant. Elle y est revenue plus tard pour effectuer un stage d'interprète. Pour autant, elle a choisi de nous faire partager ici seulement un pan de sa vie, cette expérience au sein du monde du travail japonais. Le lecteur n'a accès à aucune autre information: ni son âge, ni sa vie privée, ni d'où elle vient, ni ce qu'elle fait en dehors de l'entreprise. Seules les journées de labeur, ennuyantes car aucune mission ne lui est confiée, sont analysées à la loupe. C'est d'ailleurs ce qui fait la force de roman: l'entrée dans une société extrêmement hiérarchisée et rigide, réputée pour l'importance de ces codes. La machine l'a broyée comme elle broie les autres salariés qui ne se rebellent pas, et qui n'ont même pas l'idée de se plaindre entre eux. C'est un royaume du chacun pour soi, où même la solidarité féminine n'existe pas. D'ailleurs, la narratrice témoigne de la difficulté d'être une femme au Japon, que se soit dans l'univers professionnel (gravir les échelons prend des années) ou dans l'univers privée (la femme doit être toute dévouée à son conjoint et à sa famille).

Je suis très loin d'être une experte de cette partie du monde. Même si je trouve que la culture nippone est intéressante à bien des égards, je ne me suis jamais sentie attirée par tout ce qui la compose (les mangas, sa nourriture, l'histoire du pays, ...). Il m'est seulement arrivée de lire quelques bouquins sur les comportements de déviance (notamment sexuelle) notés dans cette société. Cependant, j'ai pris plaisir à suivre les frasques d'Amélie. L'absurdité du fonctionnement de cette entreprise n'a même pas besoin d'être pointé du doigt, il va de soi, rien qu'en suivant les péripéties de l'héroïne. C'est un livre qui se lit extrêmement vite. Certains lecteurs ont apprécié l'humour distillé au fil des pages. Moi, je n'ai pas su le voir ou je l'aurais plutôt qualifié de ton léger, malgré la cruauté psychologique dénoncée par l'auteur. Faire glisser une critique implacable du système, l'air de rien, en sifflotant, voilà un autre point fort de ce livre. L'écriture est tout à fait accessible. Je m'attendais à une intrigue un peu perchée et pas toujours compréhensible. Il n'en est rien pour cet opus, peut-être est-ce vrai pour les autres. Je vais vérifier assez vite car celui-ci m'a donné envie de me replonger dans l'univers d'Amélie Nothomb. Et je ne vais avoir que l'embarras du choix! Elle a publié, depuis son tout premier roman, L'Hygiène de l'Assassin, un roman par an. On en est donc à 25 livres!

Je ne peux que vous conseiller ce livre qui ne vous prendra pas plus d'un jour et qui vous emmènera à l'autre bout du monde, à la découverte des méthodes de travail forcenées employées par les entreprises japonaises.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La rapidité de l'intrigue.
+ Le style narratif qui va droit au but et qui ne s'encombre pas de détails superflus.
+ La légèreté du ton qui rend le message encore plus absurde et fort.
+ L'aspect documentaire sur les méthodes de travail au Japon.

- L'inconvénient d'une histoire rapide est que très souvent, on l'oublie aussi rapidement.

Dernières infos.

Ce livre date de 1999 et compte 186 pages. La même année, il a fait l'objet du Grand Prix du Roman de l'Académie Française. Il a été aussi adapté à l'écran avec dans le rôle d'Amélie, Sylvie Testud.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 27: un livre dont l'histoire se passe en Asie. (34/80)
ABC 2017 - Lettre N (17/26)

samedi 21 octobre 2017

Le jour où Anita envoya tout balader - Katarina Bivald

En résumé.

Anita approche la quarantaine. Sa fille, désormais en âge de faire des études, est contrainte de quitter le petit village suédois dans lequel elles ont toutes les deux toujours vécu, sans présence masculine à leur côté. Anita s'était jusqu'alors construit un nid douillet: un travail dans un supermarché en tant que caissière peu épanouissant mais rassurant, des collègues devenues amies toujours là pour lui remonter le moral et surtout la présence de sa fille, son principal point de repère. Maintenant, son quotidien est complètement bouleversé, les soirées et les week-end lui paraissent durer une éternité. Alors elle décide de mettre un peu de piment dans sa vie et de réaliser un vieux rêve de jeunesse, faire de la moto. Mais ce n'est pas tout! Elle s'inscrit aussi dans le comité d'organisation de la Journée de la Ville, manifestation qui tombe un peu en désuétude mais qu'elle va petit à petit redynamiser. Ces différentes activités vont lui redonner le sourire et vont être l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes. Qui sait, parmi elles, se cache peut-être l'homme de sa vie?

Mon avis.

J'avais lu il y a deux ans La bibliothèque des cœurs cabossés - une sorte de roman doudou que j'avais bien apprécié. Il était donc temps de réitérer l'expérience Bivald avec ce roman, qui, vous l'aurez compris à la lecture de ce résumé, est dans la même veine que le premier. 

Que ça fait du bien de lire des romans feel-good de temps en temps! Cela faisait un petit moment que je m'étais enfermée dans des lectures haletantes ou qui sollicitaient mon intellect, j'étais donc ravie de retrouver quelque chose de plus terre à terre où il n'y a pas besoin de réfléchir beaucoup et où l'on se se sent entraînée dans la vie de l'héroïne. Car c'est véritablement ce que j'ai ressenti, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'ai pris du plaisir à cheminer aux côtés de ce personnage qui ne se laisse pas abattre par les petits bobos de la vie. C'est une histoire en toute simplicité que nous sert ici Katarina Bivald, pleine de tendresse et de bienveillance. Les doutes que rencontre la protagoniste rejoignent ceux de n'importe quelle femme qui a élevé seule son enfant. Ainsi, il n'est pas difficile de s'identifier et de s'attacher aux personnages, on a même envie d'être une de ses amies, de la prendre par le bras et de lui souffler que tout va bien se passer.

Alors bien sûr, je ne vous cache pas que la fin se laisse deviner depuis le début et qu'on vit dans un monde rempli d'écureuils en tutu rose et de lapins avec des cœurs à la place des yeux. D'habitude, cela me gêne, en général à la moitié du livre, quand ça dégouline vraiment de miel. Ici, bizarrement, ça ne m'a pas fait cet effet, peut-être parce que l'histoire est réaliste. Après tout, les dénouements positifs existent aussi dans la vraie vie, non?! L'écriture est à l'image de l'intrigue, toute en simplicité, sans en faire trop ni pas assez. Le récit est rédigé à la première personne, comme si on avait affaire au journal intime du personnage principal, c'est aussi peut-être pour cette raison qu'on s'attache si vite à elle. On reçoit en direct ses peurs et sa tristesse mais aussi ses petites victoires. 

Il me semble l'avoir préféré au premier tome que j'avais trouvé longuet à certains moments. Celui-ci a un rythme convenable et fait autant de bien qu'une boîte de macarons des meilleurs pâtisseries françaises (et en plus c'est moins cher!)! Si vous êtes à la recherche d'un roman feel-good de bonne qualité, je ne peux que vous le recommandez!

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La modestie des personnages, de l'intrigue et des sentiments développés qui rendent les personnages attachants.
+ Le genre feel-good qui nous fait beaucoup de bien de temps en temps!
+ Un bon rythme qui permet de ne pas s'ennuyer.

- Pas de grande surprise pour le dénouement.

Dernières infos.

Le jour où Anita envoya tout balader a été publié en 2016 et compte 459 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 26: un feel good book. (33/80)

samedi 14 octobre 2017

La lucidité - José Saramago

En résumé.

Nous nous situons dans un pays sans nom, qui a choisi pour régime politique la démocratie. Le jour des élections municipales est arrivé. Dans la capitale, les hommes politiques des trois partis principaux sont en effervescence, le parti de droite va-t-il de nouveau remporter la mise? Au moment des résultats, il y a comme un hic: les votes blancs sont majoritaires. Alors on décide de refaire les élections. Mais le verdict est le même: la participation est totale et le vote blanc arrive en tête avec 83%. La classe politique n'y croit pas, un tel résultat qui selon eux met en péril le principe même de la démocratie n'a pu être organisé que par un groupe subversif, c'est un complot, venant même de l'international, peut-être. Par peur que le phénomène ne s'étende au reste du pays, le gouvernement se retire de la capitale et proclame l'état de siège: les frontières de la ville sont bouclées, jusqu'à ce qu'on trouve les coupables. Enfin, une lettre va leur parvenir, écrite par un habitant de la capitale qui dénonce une jeune femme qui est la seule à ne pas être devenue aveugle lors de la grande épidémie de cécité survenue quatre plus tôt. Le gouvernement a enfin un coupable sous la main, c'est elle qui sera responsable de ce raz-de-marée de votes blancs. Un commissaire est nommé pour l'arrêter mais ce dernier risque de ne pas tout à fait obéir aux ordres de son supérieur, le ministre de l'Intérieur...

Mon avis.

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard, en écoutant une émission sur France Inter sur le vote blanc. Le sujet m'intéressant, je suis vite allée emprunter cet essai aux allures de roman à la bibliothèque. J'ai ainsi pu découvrir la plume de José Saramago, écrivain et journaliste, prix Nobel de Littérature.

Le résumé est un peu long, je m'en excuse. A vrai dire, on ne lit pas vraiment La lucidité pour son intrigue mais plutôt pour les réflexions politiques qui structurent le texte. D'ailleurs, on peut être très surpris dans les premières lignes par l'architecture du livre. Celui-ci est divisé en quelques chapitres qui sont en fait des blocs de texte sans autre ponctuation que le point et la virgule; il n'y a donc pas de guillemets, pas de tirets pour les dialogues, pas de points d'exclamation ni d'interrogation. A cela s'ajoute la longueur interminable des phrases. Rien que cela suffit à installer l'atmosphère oppressante très présente dans le livre. Je ne me suis pas sentie gênée par ce style d'écriture. J'ai trouvé le tout compréhensible, même si certaines réflexions peuvent parfois paraître compliquées.

Pour tout vous dire, je trouve l'idée générale du bouquin brillante et savamment exposée. Le fait que ni le pays ni les personnages n'aient pas de nom nous permet d'appliquer l'expérience à notre propre vécu. Toutefois, il n'y a pas trop de doute sur le fait que José Saramago fait référence à nos démocraties occidentales malades, reposant plutôt sur des illusions démocratiques entretenues par le pouvoir en place. De plus en plus, l'abstention et les votes nuls/blancs ne cessent de croître sans qu'on n'y accorde l'importance que ce phénomène mériterait, comme si on refusait d'être lucide sur l'état de défiance des électeurs. Ce déni est ici poussé à l'extrême puisque les hommes politiques au pouvoir ne voient dans le vote blanc qu'une conspiration de la minorité pour mettre à sac la majorité. Jamais, ils n'ont évoqué l'idée que les électeurs n'ont plus foi dans leurs représentants. Ils sont même prêts à user de la force pour trouver des coupables qui n'en sont pas et pour dresser les habitants les uns contre les autres afin de retourner au pouvoir et faire comme si rien ne s'était passé. C'est un sujet de réflexion intéressant, surtout quand on sait que cette situation pourrait se produire dans pas si longtemps en France ou dans d'autres pays européens. Que ferait-on si le vote blanc ou même l'abstention était majoritaire?

Même si je pense avoir bien compris la thèse principale de l'auteur, j'ai eu plus de difficulté à voir où il voulait en venir dans la deuxième partie du livre, lorsque la dame qui n'est pas devenue aveugle quatre ans plus tôt est accusée comme étant la cause du tourment. Certes, elle est victime du refus des dirigeants à voir la vérité en face et incarne le paroxysme de l'injustice dont ils font preuve. Elle est aussi l'exemple de ce que des politiciens se réclamant défenseurs de la démocratie seraient prêts à faire pour se maintenir au pouvoir. Je pense que José Saramago aurait aussi pu faire d'elle l'emblème de la conscience citoyenne éclairée. La cécité aurait été une métaphore de l'aveuglement des citoyens quant aux procédés utilisés par les hommes politiques pour les endormir. Elle, la seule qui a vu clair dans leur jeu a alerté les autres et les a enjoints à voter blanc, elle les a rendus lucides. Est-ce ma propre interprétation ou est-ce que c'est aussi l'interprétation de l'auteur, je ne sais pas trancher...

Pendant la majeur partie de ma lecture, je me suis dit que ce livre était en train de devenir un coup de cœur. Cependant, ne pas comprendre véritablement la place de la bonne femme en fin d'histoire (je déteste ne pas comprendre!) allié à quelques longueurs et digressions inutiles même si les mots choisis sont très justes font je ne vais lui octroyer que 4 fleurs. Même si je pense que ce roman est un chef d'oeuvre, je trouve que sa densité gâche un peu la pureté du message. 

Si vous n'avez pas peur de pour lancer dans un pavé sans respiration et si vous êtes sensible à ce genre de sujets, je ne ne peux que vous le conseiller! Prévoyez tout de même d'y penser du temps!

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ L'intelligence du message et de l'intrigue qui le met en lumière.
+ L'originalité du style narratif.
+ Le sujet traité, à savoir le vote blanc.
+ La justesse de l'écriture.

- La densité du texte.
- Certains points un peu obscurs qui laissent trop de place à l'interprétation.

Dernières infos.

La lucidité a été publié en 2006 pour la version française et compte 355 pages. Voici le lien vers l'émission de France Inter sur le vote blanc dont je vous parle un peu plus haut.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 73: un prix Nobel de littérature. (32/80)

dimanche 8 octobre 2017

C'est le 1er, je balance tout - Septembre 2017

Bonjour à tous!

J'ai longtemps hésité avant d'écrire cet article car sa rédaction me demande beaucoup de temps - et du temps, j'en manque cruellement en ce moment. Finalement, je me suis décidée à me mettre en pause et à le rédiger, voilà pourquoi je ne le publie qu'aujourd'hui et non le 1er.  C'est le 1er, je balance tout! est un rendez-vous qui a été lancé par Lupiot du blog Allez vous faire lire. J'en suis très vite tombée amoureuse car j'en avais un peu assez de mes Bilans du mois qui n'étaient finalement qu'une énumération de mes lectures, sans grand intérêt. Ce rendez-vous vient rythmer les fins de mois et surtout il nous permet de découvrir plein de jolies lectures mais aussi plein de balades sur la toile, avec ou sans lien avec les livres, et ça, j'adore! 

Les règles sont très simples puisqu'il s'agit de retracer le mois écoulé au travers de quatre catégories que voici:

1. Le top et flop du mois dernier
2. Une chronique d'ailleurs
3. Un lien que nous avons adoré le mois dernier (hors chronique littéraire)
4. Une petite fierté 

Sans plus tarder commençons avec le top et flop du mois dernier.

Au début du mois de Septembre, avec la rentrée, j'avais très peur de ne pas avoir le temps de beaucoup lire. Finalement, j'ai su m'accorder quelques moments pour m'évader et ce fut même ma bouée de secours pour tenir dans l'agitation quotidienne. J'en suis donc arrivée à 5 livres, dont deux lectures qui m'ont pris pas mal de temps de part leur nombre de pages. Je suis donc plutôt contente.
Côté top, je mentionnerais ma toute première lecture de Septembre, Le jour où Anita envoya tout balader. Certes, ce n'est pas de la grande littérature mais ce roman feel-good fait du bien et c'est ce dont j'avais besoin à ce moment-là. Sans trop savoir pourquoi, je l'ai préféré au premier livre de l'auteur, La bibliothèque des cœurs cabossés. En tout cas, si vous avez envie d'un moment doudou sans prise de tête, je vous le conseille! Ensuite, j'ai été charmée par Sœurs de miséricorde. J'y ai rencontré Azul, une jeune bolivienne contrainte de s'exiler en Europe pour faire vivre sa famille. C'est aussi l'occasion de se plonger dans les beaux paysages d'Amérique Latine et de côtoyer une culture pleine de couleurs et de chaleur. Enfin, j'ai apprécié mon premier Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, dans lequel on est immergé dans le quotidien d'une entreprise japonaise. Ce mois-ci, grâce à mes lectures, je suis partie aux quatre coins de la Terre!

En revanche et vous l'aurez deviné par élimination, j'ai moins apprécié Les Intéressants que j'ai trouvé assez ennuyeux. On y suit la vie d'un groupe de l'adolescence jusqu'à leur vie d'adulte. Le sujet n'est pas inintéressant mais le tout n'avance pas très vite. Donc 700 pages, ça commence à faire beaucoup! J'ai également été déçue par Zazie dans le métro. J'ai eu cette très désagréable impression d'être passée à côté de quelque chose et ne pas avoir profité au maximum de classique incontournable. Peut-être à relire dans quelques années...

Continuons avec les chroniques vues d'ailleurs

* Je souhaitais tout d'abord vous présenter Café bleu. L'auteur de ce blog s'est lancé un défi de taille: lire toute une liste de classiques, de la période antique à nos jours. Je lui souhaite bien du courage ! Ses chroniques sont très courtes, donc rapides à lire et surtout très drôles ! Le projet est donc très intéressant car on peut enfin avoir accès à de la grande littérature et cerise sur le gâteau, on ne s'ennuie pas. Je vais le suivre dans ses prises de tête littéraires avec assiduité, et peut-être serai-je à mon tour tentée par certains de ces ouvrages...

* Ensuite, je suis tombée sous le charme du blog Bruit de papier, peut-être parce que nous sommes attirées par le même genre de livres. En tout cas, son auteur aime comme moi Mathias Malzieu et Stefan Zweig. J'y suis arrivée grâce à sa chronique sur Les Intéressants. J'aime bien aller fureter les avis des bloggeurs sur ce que j'ai lu. Ce fut une belle découverte et il fera également partie de mes blogs ressources lorsque j'aurai besoin d'idées pour mes futurs voyages littéraires.

Je vous ai présenté la liste des nominées, à vous de déterminer la gagnante, sachant qu'elles peuvent l'être toutes les deux ! Enchaînons désormais avec les liens venus des stratosphères du Web.

* Je tenais ce mois-ci à vous parler d'Exploratology, un site sur lequel on peut trouver plusieurs types de box littéraires: il y en a pour tous les prix et pour tous les goûts! Les colis respectent un thème particulier (par exemple, le thème du mois d'Octobre est Ethno-polar en Guyane) et font découvrir au lecteur des livres surprenants, aux horizons lointains. En fonction du prix, la petite merveille sera accompagnée de thé, d'un marque-page ou d'une jolie carte. Tous ces produits peuvent aussi être achetés séparément. On peut aussi commander d'anciens coffrets à prix cassé. Je n'ai pas encore sauté le pas car je ne me suis toujours pas décidée mais de nombreux articles de blogs ont été consacrés à cette box et j'ai exploré leur site de fond en comble avec la conclusion que ça vaut vraiment le coup!

* Est venu le moment d'un petit point consommation responsable. Il y a quelques mois, une boutique vendant des produits éco-responsables s'est installée près de chez moi. J'y ai découvert les savons de Joya et plus particulièrement, leur shampoing solide qui fait des merveilles. D'abord, il est à base de produits naturels, ce qui évite de polluer nos cheveux avec des matières chimiques dont on tait les effets. Ensuite, il évite de gaspiller des emballages. Il est simplement entourée d'un film plastique biodégradable donc rien à jeter! Enfin, il est très efficace, mousse bien et permet d'espacer les shampoings. La marque vend d'autres cosmétiques que je n'ai pas encore testés mais je sais qu'ils ont beaucoup de succès.

* Ce mois-ci, point de musique mais une recette toute simple et très rapide à faire trouvée sur le blog Par faim d'Arômes. Il s'agit du Blondie, un gâteau à base de beurre de cacahuètes et pépites de chocolat. Alors on est d'accord, ce n'est pas ce qu'il y a de plus diététique mais c'est excellent et on a besoin de se constituer quelques réserves pour affronter l'hiver qui arrive! Outre cette petite douceur, je vous conseille de fouiner le blog de cette passionnée de cuisine car il y a tout plein d'idées recettes qui mettent l'eau à la bouche.



Terminons désormais avec la minute fierté et réhaussement d'un ego en perte de vitesse!

Le mois de Septembre fut particulièrement compliqué car il a été synonyme de reprise d'étude à l'autre bout de la France, très loin de mon amoureux et de mes repères. L'intégration dans une nouvelle classe, la rencontre avec des personnes que je ne connais pas sont toujours des moments stressants pour moi. Je suis donc fière d'avoir tenu le coup pendant tout ce mois qui m'a paru bien long... Je vous laisse avec quelques photos de Savoie, une magnifique région que je prends le temps d'apprécier même s'il est difficile d'être loin de mes racines.


Je vous souhaite un excellent mois d'Octobre!

Le cri de la mouette - Emmanuelle Laborit

En résumé.

Peu de temps après sa naissance, les inquiétudes de Monsieur et Madame Laborit se confirment: leur fille, Emmanuelle est sourde. Commence alors une période de doutes et de questionnements au sujet de cette surdité à laquelle ils ne sont pas préparés. La petite fille souffre du manque de communication et a pris l'habitude de pousser des cris de mouette pour rappeler à ses proches qu'elle existe. Son destin prend une toute autre tournure lorsque son père prend contact avec l'International Visual Theatre, repère des sourds, et les inscrit tous les deux à des cours de langue des signes. Toute la famille va s'y mettre et Emmanuelle, maintenant dotée de sa langue maternelle va pouvoir s'épanouir. Son adolescence est tout de même chahutée, alors qu'elle est tiraillée entre le monde des entendants et le monde des sourds, parfois victime d'incompréhensions et d'un amour qui la pousse dans ses retranchements. A force de ténacité, elle passe finalement son bac et réalise son rêve, devenir comédienne. Elle est la première sourde à obtenir un Molière pour son jeu dans la pièce de théâtre Les enfants du silence. Elle est aujourd'hui la co-directrice de l'IVT et une personnalité connue pour défendre la langue des signes et promouvoir la place des sourds dans la société.

Mon avis.

Cette lecture est directement en lien avec mon métier. J'ai beaucoup entendu parler d'Emmanuelle Laborit sans jamais avoir lu cette autobiographie qui nous offre une plongée dans le monde des sourds. Il est toujours compliqué de chroniquer un témoignage car les mots couchés sur le papier appartiennent à l'auteur et ne sont que l'expiation de leurs ressentis et de leur évolution. Par ailleurs, il est très difficile pour moi d'être totalement objective et de ne faire que des louanges sur le parcours d'Emmanuelle Laborit car je connais trop bien cet univers pour y voir en creux toutes les querelles idéologiques et culturelles qui agitent la communauté sourde et les professionnels qui y touchent de près. La surdité est certes un handicap mais c'est aussi une affaire de culture, dont le fer de lance est la langue des signes. Au fil du temps, je me suis forgée une réflexion sur le sujet et je pense que ce n'est pas le lieu ici de rentrer en accord ou désaccord avec l'auteur. Je vais donc m'en tenir à mes premières impressions.

J'ai été frappée par cette soif de communication dont Emmanuelle Laborit fait preuve. Comme tous les êtres humains, me direz-vous. Certes, mais ce mot revient comme un leitmotiv tout au long du livre et est à l'origine de ses plus violentes crises. La langue des signes vient donc apaiser ce sentiment d'exclusion mais lui permet aussi de rencontrer des gens qui sont comme elle. Ce parcours est partagé par beaucoup de sourds qui sont souvent poussés vers la voie oraliste mais à qui ça ne convient pas et qui finissent par se charger en agressivité, tout simplement parce qu'ils se sentent différents et parce qu'ils ne peuvent pas communiquer. Après de longues heures d'observation et d'analyse, je me suis rendue compte que ces réactions sont bien sûr très prégnantes chez les sourds mais se retrouvent également chez d'autres minorités, elles entendantes mais qui diffèrent de la majorité pour d'autres raisons. Le fait de ne pas être reconnu, de se sentir en marge, de ne pas pouvoir communiquer avec son prochain (la communication n'est pas qu'affaire de langage) est source de frustration qui se transforme souvent en violence.

Pour parler un peu du style du livre, on a bien évidemment affaire à une narration en première personne. L'écriture est fluide et permet une lecture très rapide. Pour autant, l'enchaînement des événements se fait de façon décousue. Je me suis sentie à plusieurs reprises un peu perdue dans le temps. Elle convoque des souvenirs qui viennent perturber le temps du récit. Cela m'a un peu gênée mais rien de dramatique dans la mesure où il s'agit d'une autobiographe et si elles ne sont pas explicites, on parvient tout de même à deviner les étapes phares de l'évolution de l'auteur.

Une lecture que je vous conseille si vous souhaitez en savoir plus sur l'univers des sourds ou si vous avez tout simplement envie de partir à la rencontre d'Emmanuelle Laborit, personnage connu et reconnu.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Entrer dans l'enfance et l'adolescence d'une personnalité aussi connue est intéressant.
+ Connaissances sur le milieu sourd.

- Un enchaînement de faits parfois décousu.

Dernières infos.

Le cri de la mouette a été publié en 1994 et compte 237 pages. Si le théâtre bilingue LSF/Français vous intéresse, je vous renvoie sur le site de l'IVT.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 40: un livre de ma Wish-List. (31/80)
ABC 2017 - Lettre L (16/26)

samedi 30 septembre 2017

Charlie et le grand ascenseur de verre - Roald Dahl

En résumé.

Souvenez-vous, à la toute fin du premier tome, Charlie et sa famille s'envolent à bord du grand ascenseur de verre avec Willy Wonka après que ce dernier ait décidé de lui léguer sa chocolaterie. Cependant, le voyage vers sa nouvelle demeure ne se passe pas comme prévu. Le capitaine, Willy Wonka, toujours à l'affût d'une nouvelle fantaisie et suite à de mauvaises manoeuvres les envoie dans l'espace. Ils se mettent à flotter et surtout menacent d'entrer dans un hôtel spatial mis en orbite par les Américains. Sur Terre et dans la capsule américaine prête à rejoindre l'hôtel, ces derniers s'inquiètent et s'imaginent qu'il s'agit là d'une menace soviétique. Mais un autre type de danger rôde: les Gnoulis, ces vers géants qui habitent sur une autre planète et qui viennent tout simplement défendre leur territoire. Charlie et tout le petit monde doivent donc rejoindre la Terre illico presto, sauvant au passage les astronautes américains. Une fois revenus sur Terre, ce sont encore d'autres aventures qui les attendent...

Mon avis.

Contre toute attente, j'éprouve beaucoup de difficultés à émettre un avis objectif sur ce deuxième tome de la duologie Charlie et la chocolaterie. Je pense que ma lecture a été influencée par les avis plutôt mitigés que j'ai pu lire à droite à gauche et dont je n'ai pas réussi à me départir. C'est vrai que cette suite n'est pas à la hauteur de l'univers fantasque et gourmand à souhait proposé dans le premier opus. Dans l'ensemble, les personnages restent fidèles à ce qu'ils étaient (j'ai juste été surprise par les mauvais caractères des grands-parents (excepté Grand-Papa Joe)). L'incohérence vient plutôt de l'histoire en elle-même. Le passage dans l'espace, pourquoi pas. Si on cherche bien, c'est vrai que ce genre de mésaventure correspond au personnage de Willy Wonka. Le problème vient plutôt de la suite, lorsque toute la bande est revenue sur Terre. La suite n'a strictement aucun rapport avec le début du livre et les nouvelles expérimentations de l'ex-chef de la chocolaterie arrivent comme un cheveu sur la soupe. Les deux histoires en une sont donc traitées de façon séparée, sans qu'il y ait un liant qui aurait par exemple pu reposer sur l'installation de Charlie dans ce nouveau lieu. Le livre se lit donc extrêmement vite mais je ne me suis pas sentie transportée et je pense que j'aurai tout oublié d'ici quelques jours.

En fait et je rejoins l'avis de Petite Plume (dont je salue la chronique très intéressante qu'elle a faite sur cette duologie), je pense que Roal Dahl a voulu, au travers de ce deuxième tome, mettre en avant les agissements un peu ridicules des Américains pendant la Guerre Froide. Le livre a été publié en 1972, alors que les luttes pour la conquête spatiale font rage. On retrouve ici toutes les dérives inhérentes aux ambitions américaines démesurées: le toujours plus loin, le toujours plus grand (l'hôtel en question est immense, une prouesse pour l'époque et tout le monde demande à y séjourner), la peur des espions (on pense automatiquement aux soviétiques ou à la Chine, à la place de Charlie et sa famille) mais aussi la volonté d'empiéter sur un nouveau territoire (les Gnoulis ne peuvent-ils pas symboliser ce principe de "chacun chez soi"). Il s'agit donc ici d'une critique politique mais on retrouve dans la deuxième partie une critique de l'homme, de façon générale. Les grands-parents, attirés par l'élixir de jouvence que leur propose Willy Wonka vont prendre plusieurs pilules, sans s'inquiéter des effets, alors même que l'alchimiste déluré leur avait expliqué le fonctionnement de ce traitement. Les hommes sont guidés par leurs désirs primaires, ils agissent vite, sans même réfléchir sur les conséquences de leurs actes. Nous sommes donc loin des morales enfantines du premier texte, l'auteur nous laisse ici avec des considérations qui seraient plutôt destinées à un public adulte.

Pour conclure, une lecture loin d'être palpitante mais aux messages intéressants si on prend la peine de creuser un peu!

D'un coup d'oeil, les plus, les moins.

+ Les messages véhiculés via le récit des aventures de Charlie.
+ Ça fait toujours plaisir de retrouver ces personnages, auxquels on s'est attaché pendant le premier tome.

- Le manque de cohérence, d'une part avec le premier tome, d'autre part entre les deux parties du livre.
- Des éléments tirés par les cheveux et qui ne trouvent pas leur place dans l'histoire.

Dernières infos.

Cette suite de Charlie et la Chocolaterie a été publiée en 1972 pour la version originale et compte 196 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 2: un livre qui fait partie d'une duologie. (30/80)
ABC 2017 - Lettre D (15/26)

samedi 23 septembre 2017

Meurtre en Mésopotamie - Agatha Christie

En résumé.

Miss Leatheran, infirmière de son état, est recrutée par le Professeur Leidner, brillant archéologue, pour veiller sur la santé fragile de sa femme durant la durée des fouilles sur le site de Tell Yarimjah en Irak. Mrs Leidner n'est pas au plus haut de sa forme: elle est la cible de courriers anonymes depuis des années, elle est victime d' "hallucinations" selon les membres de l'équipe de fouilles et elle se dit souffrante. Mais finalement, on ne sait pas vraiment ce qui est à l'origine de ces accès de panique. Ou du moins, on fait semblant de rien savoir. L'ambiance tendue qui règne sur le camp atteint son paroxysme lorsque notre protagoniste est tuée. Heureusement, Hercule Poirot, en vacances dans le coin a vite fait de rappliquer et de se retrousser les manches, cette fois-ci accompagné dans ses opérations par la perspicace Miss Leatheran.

Mon avis.

Ayant achevé il y a peu la lecture du Crime de l'Orient-Express, je n'avais pas l'intention de me remettre de sitôt à une autre enquête servie par Agatha Christie. Et puis je suis tombée sur Meurtre en Mésopotamie lors d'un énième fouinage dans une boîte à livres d'un des parcs de ma ville. Et les vacances sont toujours un moment propice pour se plonger aux côtés d'Hercule Poirot, nos méninges doivent être en place et c'est mieux quand on se souvient de chaque fait.

Ce qui m'a frappé durant ma lecture et que je n'avais bêtement pas remarqué auparavant est que l'écriture d'Agatha Christie est toujours et uniquement centrée sur les faits. Ici, nous avons une narratrice un peu particulière puisque c'est Miss Leatheran qui est chargée de conter l'histoire. Au récit des dialogues entre les divers personnages, elle ajoute son point de vue. Pourtant, il n'y a  ici pas vraiment de plus-value à ce style narratif car on a surtout affaire à l'énumération des faits, rien que des faits. Peu de détails sur le travail archéologique en lui-même, peu de descriptions des paysages entourant le camp, peu de détails sur la façon de vivre à Tell Yarimjah, pas de risque de se tromper, on est bien dans une enquête policière. Cela ne me dérange pas dans le sens où on trouve ce qu'on est venu y chercher.

L'intrigue est plutôt bien menée. Finalement, la présence sur place de Miss Leatheran est très courte et pourtant son récit fait deux cent pages. Pages qui sont consacrées aux faits mais aussi aux réflexions de l'enquêteur à moustache. Pour autant, on ne s'ennuie pas, on en vient à suspecter chaque membre de l'équipe et les dernières trente pages sont un délice de suspense, habilement ménagé par Poirot. Encore une fois, notre Agatha a tout prévu et la révélation de l'assassin ou des assassins (moi aussi je ménage le suspense pour vous donner envie d'aller faire un tour en Irak à l'époque où ce n'était pas encore un champ de ruine!) est surprenante. Pour tout vous dire, j'avais de forts soupçons sur lui ou elle ou eux car on finit par connaître les codes mais j'ai quand même été étonnée parce que je refusais d'y croire. Dur dur quand on s'attache à un personnage et qu'on découvre qu'il est tout autre à la fin! En tout cas, c'est un dénouement plausible et réaliste.

Il a quand même fallu que je me perde dans les personnages. Ceux-ci sont décrits en tout début de livre, ainsi que le plan du camp, mais rien à faire, je ne parviens pas à me fabriquer des images mentales qui m'accompagneront tout au long de ma lecture. Je rencontre ce problème de façon régulière. Si ça ne pose pas de problème dans d'autres livres, ça devient embêtant pour un policier. Étant donné que la psychologie et les traits des personnages sont peu développés, il est difficile de dresser leur portrait robot et de le conserver. Dès que j'entame un Agatha Christie, il faudrait que je me munisse d'un crayon et d'un papier pour noter chaque détail en tout début de lecture.

Quoiqu'il en soit, un policier que je vous conseille si vous souhaitez pendant quelques heures jouer à un Cluedo littéraire!

D'un coup d'oeil, les plus, les moins.

+ Une intrigue bien menée et riche en rebondissements.
+ Le suspense est ménagé jusqu'à la fin.

- Dommage qu'il n'y ait pas davantage de détails sur l'expédition archéologique.

Dernières infos.

Meurtre en Mésopotamie appartient à la suite des policiers dans lesquels Hercule Poirot est présent. Il a été publié en 1936 pour la version originale et compte 224 pages. Agatha Christie est une source d'inspiration intarissable pour le cinéma. Cet opus fait l'objet d'une adaptation pour la série britannique Hercule Poirot.

Pour la petite anecdote, c'est en revenant de ce voyage en Irak/Syrie, qu'Hercule Poirot va être amené à résoudre le crime de l'Orient-Express.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges:
Défi lecture 2017 - Consigne 23: Un livre dont un des personnages est un docteur. (29/80)

mercredi 20 septembre 2017

Throwback Thursday - Histoire d'amour

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Histoire d'amour.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

Lettre d'une inconnue
Stefan Zweig
Bettie Rose a raison, on n'a jamais assez d'amour! J'ai décidé d'orienter mon choix cette semaine vers un classique qui compte très peu de pages mais qui est vraiment puissant quant aux émotions et sentiments qu'il véhicule. C'est grâce à lui que j'ai découvert la plume pleine de sensibilité de Stephan Zweig, auteur autrichien qu'on ne présente plus. C'est un livre auquel on pense peu quand on parle d'histoire d'amour alors qu'il pose les jalons de l'amour passion et décrit très précisément la souffrance de l'amour à sens unique.

Résumé: Un célèbre écrivain rentre chez lui, après quelques jours de vacances à la montagne. Il n'a même pas le temps de se poser qu'on lui transmet une lettre arrivée pendant son absence. Celle-ci est l'oeuvre d'une femme qui l'a toujours aimé - une femme dont il ne se souvient plus. Nous la lisons avec lui et plongeons dans le tourment de l'auteur de cette missive enflammée et malheureuse.

Mon avis: La force de cette nouvelle n'est pas dans son histoire mais dans les thèmes qu'elle aborde: l'amour inconditionnel, le désir obsessionnel et la passion folie. L'inconnue a dépassé la frontière du raisonnable pour cet homme qui ne l'a jamais quittée dans ses pensées. Ses mots sont forts et décrivent une personnalité à fleur de peau, authentique et entière. L'écriture de Zweig est tellement juste et intelligente que le lecteur ne peut pas rester de marbre face à sa détresse. Je ne peux que vous conseiller cette lecture qui récolte tout de même un 17,5 sur Livraddict! Ce serait dommage de passer à côté alors qu'elle ne demande vraiment pas beaucoup de temps.

samedi 16 septembre 2017

L'île des oubliés - Victoria Hislop

En résumé.

Alexis, une jeune archéologue anglaise, est hantée par son histoire familiale - histoire à laquelle elle a eu très peu accès. Sa mère a toujours été peu loquace sur le sujet, ce qui ne fit qu'attiser la curiosité de sa fille au cours des années. Cette dernière décide alors de faire un détour, lors d'un voyage avec son petit-ami en Crète, dans le village natal de sa mère. Une conversation avec une vieille amie de la famille, un des rares témoins de la descendance des Petrakis, va lui en apprendre beaucoup sur son passé, notamment sur les liens qui ont uni ses aïeux à l'île de Spinalonga. Ce lieu chargé d'histoire accueillit entre 1903 et 1957 des colonies de lépreux, alors éloignés du continent pour éviter tout risque de contagion et endiguer la maladie. Un voyage autant dans l'espace que dans le temps, à la découverte de la mémoire d'une famille crétoise, voilà ce que nous propose Victoria Hislop.

Mon avis.

Cette lecture me fut offerte par Calyaa (son pseudonyme sur Livraddict) lors d'un Swap réalisé à la fin de l'année passée. J'avais vu la couverture se balader par ci par là, la plupart du temps accompagnée par des commentaires positifs. Cependant, la quatrième de couverture un peu trompeuse a mis du temps à me convaincre et j'attendais d'être dans une forme olympique pour me plonger dans cette histoire.

Car il faut dire que le sujet initial et surtout tel qu'il est vendu par l'éditeur, n'est pas des plus réjouissants. Qui dit lèpre, dit maladie peu connue et les seuls souvenirs qui me restaient des descriptions de ma prof d'Histoire de collège au sujet des jeunes gens qui l'avaient contractée au Moyen-Âge me donnaient plutôt envie de me munir d'un sac à vomi. Petit sujet sensible, j'avais donc peur d'avoir affaire à d'horribles descriptions. Ne nous dit-on pas d'ailleurs, toujours sur cette fameuse quatrième de couverture, "Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d'une forteresse effrayante?" La lecture que j'en ai eue est finalement à l'opposé de ce film d'horreur annoncé. Via l'histoire de l'arrière grand-mère d'Alexis puis de sa grand-tante qui ont toutes deux vécu sur l'île de Spinalonga, on entre dans le quotidien des lépreux et j'en ai une image plutôt colorée. J'ai devant moi la vision de paysages ensoleillés, contrastés par le bleu azur de la mer et mis en relief par l'odeur entêtante des fleurs aux couleurs bariolées. Malgré la maladie, les habitants de l'île ne se sont pas laissés aller au désespoir et semblent avoir développé une petite société bienveillante et chaleureuse, à l'écart des affres mondiaux (je pense notamment à la Seconde Guerre Mondiale). De même, les anecdotes un peu gossip sur l'histoire des membres de la famille d'Alexis qui arrivent surtout à mi-roman ajoutent un supplément d'âme. C'est un peu comme si on feuilletait un Closer les doigts de pied en éventail au bord de la piscine, en s'exclamant toutes les trois pages "Non?! Elle a pas fait ça?" L'ambiance du roman est donc paradoxalement gaie et entraînante, même si les nouvelles ne sont pas toujours bonnes.

J'ai beaucoup apprécié les piliers historiques et donc réels de l'histoire. J'aime, de temps en temps, me plonger dans des histoires romancées mais enracinées dans la grande Histoire. Je trouve que ça humanise les dates et les faits qui s'enchaînent et surtout ça me permet de mieux mémoriser les lieux géographiques et le cadre temporel. On sent que l'auteur, helléniste, si on en croit le nombre de publications qui prennent racine en Grèce, a beaucoup fouillé l'histoire de Spinalonga et des villages crétois pour servir au lecteur un bout de ce passé resté un peu tabou. Il faut quand même mentionner l'originalité du sujet!

Néanmoins, au cours de ma lecture, j'ai pu déplorer quelques longueurs. Pour commencer, le récit cadre qui composent le premier et le dernier chapitre n'est finalement pas très utile. L'auteur aurait pu entrer dans l'histoire directement, sans passer par Alexis et sa soif de revenir sur l'histoire maternelle. Finalement, on s'en fiche un peu de savoir qu'elle n'est pas épanouie dans ses vies professionnelle et sentimentale. 98 % du livre sont dédiés à l'histoire de ses ancêtres et aux développements sur Spinalonga. Et puis il faut dire qu'on ne comprend pas très bien pourquoi la mère d'Alexis a eu honte de son passé. Certes, son histoire n'est pas commune mais de là à être aussi taiseuse... C'est donc un prétexte un peu raté pour entrer en matière.

Les autres longueurs apparaissent en fin de roman. Retracer le passé de toutes ses personnes prend des pages et on voit que l'auteur s'est un peu essoufflée en fin de livre, l'histoire est un peu plus bâclée, comme quand j'étais étudiante, que je démarrais mes devoirs sur les chapeaux de roue puis que je faiblissais et finissais par bâcler car j'avais des crampes au petit doigt. Et bien je pense que Victoria a aussi eu des crampes du clavier! Il faut dire que cinq cent pages pour une saga familiale, c'est beaucoup, surtout lorsque les rebondissements ne sont pas non plus à sauter au plafond.

Tout de même, j'ai été endurante et sans pointe à l'arrivée, je ne regrette pas ma lecture, somme toute agréable pour la période estivale.

D'un coup d'oeil, les plus, les moins.

+ L'intérêt historique du roman: on part à la découverte de l'île de Spinalonga.
+ Le voyage dans le temps et dans l'espace, tout ça avec les fesses collées au fauteuil et les sous dans le porte-monnaie.
+ Malgré le thème difficile, un sentiment plutôt joyeux et chaleureux qui se dégage du livre.

- Quelques longueurs et essoufflements, surtout vers la fin du livre qui peuvent donner une impression d'histoire bâclée.
- Le récit cadre qui bouffe des chapitres et qui finalement n'apporte pas grand chose à l'histoire.

Dernières infos.

L'île des oubliés a été publié en 2006 pour la version originale et compte 520 pages. Si vous êtes sensible aux charmes des paysages grecs, je vous conseille d'aller faire un tour vers les autres productions de l'auteur, dont Cartes postale de Grèce, sa dernière publication. Pour l'avoir feuilleté en librairie, ça donne envie car il regorge de photos de la région!

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges:
Défi lecture 2017 - Consigne 20: Un voyage dans le temps. (28/80)